Samedi 14 novembre 2009

 



Attention : il s'agit d'une fiction, ne cherchez ni les "identifiants" ni les "identifiés"

Musique de fond : zouk machine, le refrain : « nettoyer, balayer, astiquer, casa toujours pimpant… »

Caroline est dans sa cuisine, elle nettoie tout, du sol au plafond et va même jusqu’à reproduire la scène plusieurs fois.

 

Caroline : (en aparté) j’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet. J’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet. J’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet….

 

Christophe entre à ce moment là dans la pièce. Il ne prête pas attention à Caroline. Il sait qu’il ne doit pas perturber son protocole de lavage. Caroline daigne à peine y faire attention. Elle s’arrête soudain.

 

Caroline : Attends ! Encore trois fois et je t’écoute.

 

Christophe : J’attends. (comme il dirait, je m’en fiche)

 

Caroline : (en aparté) J’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet. J’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet. J’ouvre le robinet, je mouille mes mains, je prends le savon, je frotte mes mains, je rince, je ferme le robinet….

 

Caroline : C’est bon, j’ai fini. (à Christophe qui va pour prendre une tasse de café) Lave- toi les mains avant et prends bien la tasse par la anse. Sinon, je devrai tout recommencer et j’y suis déjà depuis deux bonnes heures.

 

Christophe : (désabusé, avec pointe d’ironie, se lave les mains) Comment tu dis déjà ? J’ouvre le robinet, je mouille mes mains…

 

Caroline : (vexée) Ta gueule ! (et elle claque la porte de la cuisine)

 

Christophe reste seul face à sa tasse, qu’il a pris soin de placer préalablement sous un set miroitant. On le devine plongé dans son marc de café, cherchant à y lire un avenir qu’il a bien du mal à déchiffrer. Il parle seul.

 

Christophe : Pfff, cette maison est trop aseptisée, elle sent trop le ultra propre. Elle n’a que des odeurs impersonnelles. Je n’arrive même plus à sentir les relents de notre intimité. Les objets sont élimés de trop de va- et- vient des chiffons. Et la paume de mes mains est effacée. Je n’y lis même plus mes empreintes ou mes lignes de vie. Et quelle vie !

 

Entre dans la cuisine, une adolescente, Cécilia, (oui dans la famille, on aime les C : on en a assez d’ailleurs.. ) fille du couple, victime passive elle aussi.

 

Cécilia : Salut, p’a ! Je peux entrer ?

 

Christophe : Oui, tu fais attention, ta mère est passée.

 

Cécilia : Ok ! (et l’on voit Cécilia, se laver les mains à son tour, prendre une tasse par la anse, poser un set sur la table et s’installer à côté de son père)

 

Cécilia : Elle est où maman ?

 

Christophe : Dans l’ordre des choses, là, elle doit être en train de se récurer sous la douche. (changeant rapidement de conversation) Ca va toi, le lycée ?

 

Cécilia : Ouai, la prof d’histoire- gé, est trop conne, elle nous a balancé un devoir surprise ce matin, trop vénere.

 

Christophe: Cécilia, s’il te plait, pas ce langage à la maison !

 

Cécilia : (s’énervant) Oh et merde alors, il faut toujours être clean dans cette maison. J’en peux plus d’être aseptisée. Alors s’il te plait, laisse moi au moins ce plaisir de déroger à la règle !

 

Christophe : Cécilia, qu’est ce que tu as ?

 

Cécilia : Tu vois pas que j’en peux plus de vivre ici ? J’en peux plus de maman et de tout ça ?

 

Christophe : Tout ça quoi ?

 

Cécilia : Mais de ce trop plein, trop trop et trop. Maman est trop plein d’excès et ma vie à la maison est trop vide de tout. J’étouffe de n’avoir rien : plus de vie de famille, plus le droit d’inviter des amis, plus le droit d’être libre. Bordel, si à dix- sept ans, je suis pas libre, quand le serai- je ?

 

Christophe : Tu as essayé d’en parler à ta mère ?

 

Cécilia : Et toi Papa, t’en parles avec elle ? D’après toi, c’est un problème de couple, un problème d’éducation ou un problème familial ? Hein, ça te gêne pas toi, de vivre avec une femme qui n’accepte pas ton regard sur elle de peur d’être contaminée par je ne sais quoi ? Moi, ça me gêne, l’absence des câlins maternels, l’odeur imparfaite de la louve envers son louveteau. T’étais où papa toutes ces années ? Toutes ces années où tu l’as laissée s’embarquer sur le Titanic ?

 

Christophe : Tu m’en veux ? Tu crois que c’est moi la cause de cette situation ?

 

Cécilia : Il faut bien un responsable et les absents n’ont pas toujours tort. En l’occurrence, c’est toi qui est là, à côté de moi, alors c’est toi qui bois la tasse.

 

Christophe : Que te dire ? J’ai essayé, maintes fois, j’ai essayé… de l’aider, de l’accompagner, de la quitter. Mais mes sentiments pour elle sont restés et je n’ai pas pu, je n‘ai pas su. Elle souffre, ta mère tu sais ?

 

Cécilia : Moi aussi papa, je souffre. Pas parce que je suis malheureuse. Non, je souffre de la voir souffrir. D’être incapable de lui apporter du réconfort, d’être impuissante.

A la rentrée, si tout va bien, si j’ai mon bac, je partirai, tu sais ? Je partirai loin pour me construire ma propre identité, ne plus vivre à travers la maladie de maman. Mais toi, que feras- tu ? Seul ?

 

Christophe : je ne serai pas seul, elle sera là.

 

Cécilia : oui, tu as raison, vous serez même nombreux, la famille au complet : papa, maman et ses tocs à la noix… Je t’aime Papa et ça me fait mal de te voir impassible, détruit.

 

Caroline est à la porte depuis peu mais depuis suffisamment longtemps pour entendre et comprendre. Cécilia est gênée, Christophe, désolé.

Caroline ne dit rien parce qu’elle n’a rien à ajouter, pas de réponse à apporter. Et ce silence qui l’angoisse. C’est pour ça qu’elle nettoie, c’est pour ça qu’elle s’active… Pour ne pas penser à ce qui pourrait la ramener à la réalité; cette peur de vivre et d’affronter l’avenir. Quand elle nettoie la maison c’est comme si elle nettoyait sa tête trop encombrée. Elle entre, allume la radio.

Bruit de fond : zouk machine : nettoyer, balayer, astiquer, casa toujours pimpant.

 



 

Par pasca - Publié dans : saynètes
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Mercredi 11 novembre 2009

Voilà, je me suis enfin lancée dans l'écriture d'un autre genre : les saynètes. Cela fait deux mois que le sujet tourne dans ma tête, deux mois que je n'arrive pas à trouver l'inspiration pour coucher sur le papier les premiers mots. et puis ce matin, c'est sorti tout seul, premier jet de plusieurs saynètes dont l'ambiance sera encrée au gré de mes envies du moment. Le fil conducteur tournera autour de la souffrance de l'autre, dans un couple, celui qui subit indirectement.
Il s'agit d'une fiction :  ne cherchez ni "les identifiés ni les identifiants". Je risque même de changer des passages, de rajouter des répliques au fil de mes lectures et relectures.

Christophe est assis à une table. Il est tôt, il vient de se lever et Caroline sert le petit déjeuner. Ils vivent ensemble depuis cinq ans. Christophe est un homme droit et réconfortant. Caroline est fragile. Dans le couple, Christophe porte tout sur ses épaules et le poids finit par tasser son dos et enfoncer leur belle histoire d’amour.

 

Caroline met la casserole sur le feu puis une fois le café chaud, vérifie les boutons du gaz, une fois, deux fois, et trois fois…


Christophe :
Arrête, tu vois bien que le gaz est éteint. C’est pénible à la fin de supporter tes simagrées.

Caroline : Ne m’agresse pas comme ça, dès le matin. Tu sais bien, que je n’y peux rien, que je ne contrôle pas.

Christophe : Je ne sais pas, je finis par me demander si tu as vraiment envie des faire des efforts. Tu m’épuises, Caro. Je sens que j’étouffe. Je n’en peux plus de devoir partager ma vie avec tes manies et tes phobies…

Caroline : Ce sont des TOC, pas des manies, je te rappelle.

Christophe : Appelle ça comme tu veux. Pour moi, ce ne sont que des lubies et elles s’immiscent un peu trop dans notre couple.

Caroline : Tu signifies quoi, par là ? C’est quoi ces sous- entendus que tu oses à peine prononcer. Vas y, lance- toi, sois franc, pour une fois.

Christophe : Je ne sais pas si je peux continuer à vivre dans l’ombre de tes tocs, comme tu dis. Je ne sais plus, si je reste par amour ou par pitié.

Caroline : Voilà qui est dit. Et bien quitte moi, tu as peur de quoi ? Que je te fasse du chantage, que je te supplie de rester, de te menacer de me mettre la corde au cou. N’aies crainte, je n’ai pas ce courage.

Christophe : Le courage de quoi de mourir ou de mentir, trouver un prétexte pour que je reste ?

Caroline : Je ne devrais pas chercher d’excuses ; Si tu m’aimais, tu resterais.

Christophe : Si je ne t’aimais pas, je serais déjà parti.

Caroline : Alors pourquoi tu me dis tout ça aujourd’hui ? Pourquoi tu ne m’as rien dit avant ?

Christophe : Parce qu’hier, tu as passé la serpillière cinq fois, parce qu’ avant hier, tu as vérifié que la porte était fermée dix fois, parce que quand tu fais les courses, tu places les objets de façon précise dans le caddy, parce que dès que tu touches quelque chose d’inconnue, tu te désinfectes les mains pendant une heure. Parce que je ne suis plus qu’un trait d’union entre toi et tes obsessions. Et puis, tu refuses mes remarques, tu refuses mon aide, tu refuses mon amour.

Caroline : c’est faux. J’ai besoin de toi.

Christophe : Justement, je ne suis pas ton placebo, je veux être plus que ça. Je veux être ton homme, ton amant, ton confident. Celui avec qui tu partages plus d’une heure dans la journée. Je ne supporte plus d’être le spectateur passif de ton naufrage.

Caroline : Tu ne comprends donc pas. Je suis si malheureuse, je voudrais dormir longtemps, très longtemps et qu’à mon réveil, tout soit plus clair, pouvoir me pincer et me dire que tout ça n’était qu’un affreux cauchemar. Je suis hantée par mes angoisses.

Christophe : Je ne suis pas un exorciste.

Caroline : (en s’emportant) Je sais bien. Je fais quoi, moi ? Je me sens si seule.

Christophe : C’est bien le problème. Tu ne me vois pas. Tu ne m’entends pas. Tu n’écoutes plus que les échos de tes pensées. Tout le reste est devenu une véritable cacophonie. On ne se comprend plus dans ce bruit assourdissant.

Caroline : Alors tout est ma faute ?

Christophe : Je ne dis pas ça, j’ai sûrement ma part de responsabilité. J’ai réfléchi longtemps, pendant des nuits, pendant que tu dormais paisiblement. J’aime te regarder quand tu sommeilles. Tu es si belle, tu parais si sereine. Et je me prends à t’imaginer ainsi dans ta vie de tous les jours et puis soudain, je t’entends ronfler et la réalité fait aussitôt surface.

Caroline : (sourit) J’ignorais tout, j’ignorais ta peur. Je n’ai pas compris que tu souffrais. Je ne voyais que mon désarroi.

Christophe : Tu m’en as toujours voulu d’être plus heureux que toi. Je ne suis pas la cause de tes démons mais je peux encore être la raison qui l’emportera sur tes douces folies.

Caroline : Je suis égoïste, pardonne moi. J’ai été aveuglée par mon mal- être et je t’ai entraîné bien involontairement dans ma descente aux enfers. Christophe ?

Christophe : Oui ?

Caroline : Alors tu pars ?

Christophe : Non, c’est toi qui pars !

Caroline : Comment ?

Christophe : (en lui tendant une brochure) Tiens !

Caroline : (en lisant) Centre pour les obsessionnels compulsifs et les phobiques.

 

Caroline s’assoit, elle joue avec les miettes éparpillées sur la nappe puis s‘effondre. Christophe tend la main vers son visage puis s’approche d’elle, la prend dans ses bras. Caroline relève la tête, les yeux rougis, désabusée.

Caroline : Dis, tu crois que je suis apte au bonheur ?

Christophe : Le bonheur n’est pas une aptitude ou une qualité, c’est une perception de la vie.

Caroline : Alors c’est vrai, je pars ?

Christophe : La décision t’appartient. Sache seulement que si tu pars, je t’attendrai.

Caroline : C’est du chantage ?

Christophe : Non, c’est un compromis. Tu as le choix.

Caroline : Alors tu m’aimes encore un peu ?

Christophe : As tu besoin de plus de preuves ?

Caroline : Embrasse moi…. (elle se retourne et se dirige vers la salle de bain) tu m’appelleras ?

 

Et elle ferme la porte derrière elle. Christophe se lève et part pour ne pas souffrir de la voir avec ses valises. 

 

Par pasca - Publié dans : saynètes
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Mercredi 4 novembre 2009


Il était une fois un bourgeon qui rêvait de voler et parcourir
le monde. Un vieil arbre lui confia : "Petit, tu dois d'abord grandir !"

Au Printemps, le bourgeon devint une jolie feuille. "J'ai mûri, dit- elle, mais je ne vole pas encore."
- Patiente, ton jour viendra ! lui conseilla le vieil arbre.

En été, il faisait si chaud que la feuille hallucinait : elle croyait siroter un soda sur la plage ensoleillée. Mais la feuille trépignait car elle ne volait pas.
- Patiente, ton jour viendra ! la rassura le vieil arbre.

A l'automne, la feuille s'imaginait, sautant dans une flaque d'eau. Mais elle rageait car elle ne volait toujours pas.
- Patiente, ton jour viendra ! lui répéta le vieil arbre.

Au début de l'hiver, la feuille aurait aimé skier et dévaler les pistes enneigées. Mais elle était toujours là, sur la branche du vieil arbre. Alors, le vieil arbre lui chuchota :
- Ton heure est venue !

Et le vent souffla, souffla, la branche trembla et la feuille s'envola, virevolta et divagua loin, loin, dans les airs jusqu'au jour où, épuisée, elle tomba. Un pied passa par là et l'écrasa.

Heureusement, au printemps prochain, un nouveau bourgeon naîtra et une autre feuille s'envolera.
Par pasca - Publié dans : slam pour enfants
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Lundi 2 novembre 2009

« Paris est tragique...
allez Paris S G!… »

… un samedi après- midi

Un de ces après- midi où l’on s’ennuie

On discutait entre amis

Et l’on s’est dit :

« si on montait tous à Paris

Admirer au Parc des Princes

Le Paris Saint Germain ? »

Dans notre auto,

Remontés à bloc

Nous voilà cinq :

Quatre gars, une fille

Serrés comme des sardines,

Armés de sandwichs et bières

Nous rejoignons les supporters

D’Auteuil et de Boulogne


Arrivés : galère sur le périph

Nous dans notre province,

On va au stade à pinces.

Déguisés dans nos maillots PSG

Avec nos surnoms dessus, floqués

Nous pénétrons dans l’arène

Le public est en transe

L’équipe adverse s’avance

Sous les huées des fans excités

Et des gros mots comme « encu… » bipés

Soudain, les lumières grandissent,

Et des mains applaudissent

Les joueurs du PSG nous saluent

Sur leur moquette de luxe


Tout le long du match

On frappe du poing

On serre des fesses

Le PSG se noie et subit

Oh la la ! L’arbitre siffle Penalty !

Au score final :

0-0 : encore minable !

Pas de spectacle :

Ni de passe décisive,

ni de tacle inoffensif.

Les joueurs rentrent au vestiaire

  

Sous les insultes cette fois des supporters

« Mous du ballon, crampons décrépis… »

Le PSG a pris une claque

Et rentre chez lui, hagard.

Nous sommes un peu abattus

Le PSG n’a pas vaincu

PSG : Pas Sûr de Gagner

PSG : Pathétique Sur le Gazon

La prochaine fois

On ne se trompera pas

On prendra nos maillots bleus ciel

Et on ira supporter l’OM.

Par pasca - Publié dans : slam
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Jeudi 29 octobre 2009

 

voilà, toile acrylique

ca sert d'etre réveillée à5h30 du matin tous les jours. Tant que je ne m'endors pas sur la peinture.

donc, levée de bon pied, l'aurore me donne des idées. Faudrait quand meme pas que mes nuits écourtées trainent trop longtemps !!!

Par pasca - Publié dans : dessins et peintures
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  • : 05/05/1976
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  • : je parle, je bouge beaucoup pour combler la peur du vide et du silence. Reconnue fibromyalgique depuis 2 ans, je fais avec les douleurs et la fatigue.

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