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Pasca : A slam'di prochain
Mes slams, mes écrits, mes peintures et dessins...
Bienvenue à Boboland
La société des glands
Et des chênes sans faim
Un monde avec des hommes
Sans mouille
Et des femmes sans couette.
Là, j’ai une contre pétrie en tête.
Bienvenue à Boboland
Où les politiques jouent à Mickey
Avec leur gouaille sympathique
Devant des citoyens et peu de moyen
Des projets « bankable »
Qu’on distribue en poussière d’étoile
Et des dessous de table
Dont les nappes ne laissent que des miettes.
Bienvenue à Boboland
Dans les noubas première classe
Ces galas où l’on refuse
La France d’en bas,
Les babas cool et les beaufs.
Les soirées pour les bimbos siliconées
Qui Sucent de la glace
Et les boudins masqués
Bouche en cul de poule
Et nattes trop serrées,
Qui essaient de se faire tirer.
Vous trouvez ça vulgaire ?
Moi aussi.
Pas les mots employés,
Mais cette ambiance antinomique
Où l’éphémère bat en retraite la misère.
Bibi en a assez ;
Du coup, elle appelle sa mère :
« Allô maman bobo,
Je suis dans un sale état,
Je suis pas assez beau…. »
Bienvenue à Boboland
Où dans les rues chics,
Le sosie de Maryline chante :
NAPY* birthday to you !
C’est la jeune génération
Des comptes en banque honteux
Qui se pavanent raie sur le coté
Et frange dans le décolleté
A seize ans
Ca voudrait vous faire la morale
Et vous expliquer que la vie
« Putain, c’est trop génial »
Tu m’étonnes !
Bienvenue à Boboland
Le parc d’attractions
Le plus fréquenté au monde :
Endetté jusqu’au cou,
Entrée gratuite pour les VIP,
Des manèges qui font lever les cœurs
Des spectacles qui font peur.
Y ‘en a pour tous les goûts
Sauf pour ceux qui restent chez eux.
Allez Boboland
C’est pas la fin du monde
Non plus !
C’est pas la faute des pique- sous
S’ ils ont de l’argent jusqu’au cou
Et nous de la boue
Jusqu’aux genoux.
On va quand même pas se plaindre
Y’a mieux que nous
C’est sûr !
Les fruits au dessus du panier
Sont toujours plus mûrs
Mais y ‘a pire aussi
Les fruits blets,
Ceux du dessous
Qu’on oublie
Et qu’on laisse pourrir.
Sauf …
Si on décide
De les cueillir en premier.
* Neuilly Auteuil PassY
Depuis deux jours je pleure
Mes yeux crevés par l’absence
de bonheur
Une télé affamée de violence
Une violette abîmée
Au chœur de mes espérances
Depuis deux jours je pleure
Ma patrie est partie
l'humanité m’a abandonnée
Mon as-société s’est fait la malle
Avec mes milliards
Et ne laisse sur moi
Que ma peau étriquée.
Depuis deux jours je pleure
Parce que des hommes polis tiquent
Sur mes mauvaises humeurs,
Parce que faudrait que ma tête opine
Quand ils sucrent tous mes droits,
Quand ils salissent mes libertés
Pour engraisser
des patrons bien huilés.
depuis deux jours je pleure
sur mon journal imbibé
de fausses bonnes nouvelles
et de coups de poignards étranglés
« les maladies, les guerres,
les viols, les massacres
l’indifférence, les différences
le racisme et l’opportunisme… »
bref, les maux des petites gens
ça fait chic en « une » des journaux
quand entre les lignes
au fond, les Hauteurs s’en fichent.
Les rubriques trop encombrantes
et peu rentables ne logent pas
dans les agendas en cuir
des notables bling bling.
depuis deux jours je pleure
et je ne sais pas si un jour
je m’arrêterai de pleuvoir
il pleut sur mes jours à venir
je pleure pour mes enfants
pour mes parents et mes amis
Sur moi aussi, il pleut un peu
doux fatalisme pour certains
amer euphémisme
pour mes lendemains douloureux.
depuis deux jours je pleure
amputée des jambes
je ne saisis plus rien
qu’à contresens
paralysée des bras
je n’enlace plus
l’embarras du choix
je n’ai plus de droit.
dorénavant,
on choisit pour moi.
depuis deux jours je meurs
je meurs de faim
c’est la crise, j’y peux rien
je meurs de soif
c’est l’alcoolisme
je noie mon chagrin
je meurs de froid
je suis démunie
les flash infos marchent sur moi.
et je pleure de rire :
faut bien pleurer parfois
quand l’ironie
ne sert plus qu’ à broyer du noir.
alors depuis deux jours j’ai peur
car les larmes ne suffisent plus
à noyer l’amertume
le gris du quotidien
n’est jamais seul.
il y a bien un arc en ciel
quelque part, bordel
qui se gondole
à force de pleuvoir sur ma tête ?
depuis deux jours je pleure
mais j’espère bien
qu’à l’aube du troisième jour
demain
après demain
si tout va bien
je reniflerai
et ravalerai mes rancoeurs
jusqu’au prochain coup de gueule
dans deux jours
peut être pas
ou dans deux heures.
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